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Méthodologie

Méthode et conseils pour accompagner des porteurs de projet.

Selon le Petit Robert le verbe accompagner se définit par « se joindre à quelqu’un pour aller où il va en même temps que lui, aller de compagnie avec ».

Les notions de projet, d’accompagnement sont devenues des termes du quotidien pour les professionnels de l’éducation, de l’animation ou de l’insertion sociale et professionnelle. De même, les politiques de jeunesse y font référence pour développer des objectifs touchant aux questions de citoyenneté et visant l’engagement, l’autonomie ou encore la responsabilisation des jeunes.
La démarche mise en œuvre pour atteindre ces objectifs est tout aussi importante que les objectifs visés car elle consiste pour les accompagnateurs à poser des actes éducatifs permettant aux jeunes de révéler et de développer leurs capacités, ressources personnelles tout en les mettant en interaction avec leur environnement institutionnel, social, culturel….

Cette démarche s’inscrit dans la pédagogie du projet, elle est fondée sur le fait d’accompagner les jeunes à porter leurs initiatives.
Ainsi cela participe véritablement à leur construction personnelle en permettant :
– l’autonomie et la responsabilisation,
– l’affirmation d’aptitudes,
– l’ouverture aux autres,
– l’interaction avec les institutions, l’environnement.

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1 – Accompagnement et éthique professionnelle :

L’accompagnement de projet avant d’être technique est un cheminement entre 2 personnes, ou entre une personne et un groupe. Il implique de la part de l’accompagnateur une prise de conscience de son rôle, de sa place, et un positionnement particulier.
Engager une démarche d’accompagnement nécessite de poser des règles pour soi, de poser une éthique professionnelle. Celle-ci va se construire progressivement, au fur et à mesure des accompagnements.
Au départ, il faut se lancer, puis analyser sa pratique pour la faire évoluer et ne pas hésiter à échanger avec des collègues.

Voici quelques préconisations pour vous permettre d’engager cette réflexion avec vous-même au sujet de votre posture, et pour entamer une démarche d’accompagnement dans de bonnes conditions :

  • Préconisations liées à la posture et éthique :

– Situer le cadre de sa mission en lien avec les objectifs du Projet Educatif du Territoire et / ou de celui de sa structure employeur, proposer et mettre en place une démarche d’accompagnement pour tous les jeunes du territoire,
– Etre conscient de sa position, du pouvoir qu’elle génère,
– S’astreindre au secret professionnel sur les informations personnelles qui peuvent être données tout au long de l’accompagnement,
– Admettre que les accompagnés ne doivent rien à l’accompagnateur, sur le plan affectif, votre accompagnement n’est qu’ une aide à la prise de conscience et à la décision,
– Questionner et non juger, ne pas imposer ses points de vues. Accompagner c’est s’engager mais ce n’est pas s’approprier le projet, ce n’est pas faire les démarches à la place des jeunes,
– Et surtout accepter le droit à l’essai, le droit à l’erreur pour les jeunes et notamment éviter des commentaires comme « je vous l’avais bien dit » ou « vous auriez du m’écouter ».

  • Préconisations liées au savoir-être et aux compétences relationnelles :

– Porter un regard confiant sur l’accompagné et développer des attitudes positives, bienveillantes, propices à nourrir la confiance en soi, l’estime de soi, indispensables à la réussite de la démarche éducative.
– Considérer que chaque jeune sera en capacité de trouver en lui les ressources pour se découvrir, se reconnaître acteur de la société. Mettre les jeunes en situation de réfléchir, découvrir, trouver des solutions par eux-mêmes.
– Savoir se mettre en retrait, ne pas être maître à bord, mais présent en fonction des demandes exprimées, laisser les jeunes prendre toute la place dans leur projet.
– Savoir adapter l’accompagnement à chaque jeune, à chaque groupe : le temps n’est pas le même pour tous, celui des jeunes est dépendant de facteurs tels que le rythme scolaire, le passage au lycée, les amitiés qui changent, …. Il faut donc rester disponible tout au long du projet.

  • Préconisations liées aux actes professionnels de l’accompagnement :

– Discuter, dès le départ, avec les jeunes de son rôle d’accompagnateur, de ses obligations, de ses limites, pour favoriser l’autonomie des jeunes.
– Respecter les décisions et la liberté des jeunes, tout en veillant à ce qu’ils prennent en compte les contraintes du projet, de l’environnement et de la légalité.
– Jouer un rôle dynamique, et encourageant.
– Connaître ses compétences et limites pour se former, ou pour orienter vers d’autres personnes ressources.
– Accompagner un projet à l’initiative des jeunes, cela veut dire que ce sont les jeunes qui portent le projet. L’animateur doit trouver le bon équilibre : « laisser faire » ou si besoin « faire avec » pour des démarches nouvelles pour les jeunes.

 

 

 

2 – Des projets, un accompagnement pour quoi faire ?

L’accompagnement de jeunes autour de la mise en oeuvre d’un projet peut donner matière à l’accompagnateur pour travailler différents objectifs.
Pour exemples :
– amener des jeunes à découvrir leurs capacités, leurs compétences au travers de l’élaboration d’un projet collectif,
– favoriser l’insertion sociale d’un jeune par une réalisation,
– permettre à des jeunes marginalisés d’être reconnus par leur environnement au travers de la réalisation d’un projet de participation à la vie locale,
– permettre à des jeunes de découvrir une démarche citoyenne en créant ou participant à une dynamique sur un territoire.

La démarche de projet participe ainsi au développement, à la construction de la personne et constitue un moyen d’apprentissage par lequel les jeunes acquièrent des connaissances, des compétences transversales telles que :
– rechercher et organiser des informations,
– identifier, définir des objectifs,
– communiquer, s’exprimer pour être compris,
– travailler en équipe, prendre en compte l’avis de l’autre,
– apprendre à se construire un réseau,
– structurer une démarche,
– établir et respecter des règles,
– faire des choix,
– prendre des responsabilités,
– exercer un regard critique, développer des comportements citoyens,
– surmonter des difficultés, gérer sa frustration, s’adapter à une situation,
– intégrer des questions de temps, d’espace, et de budget,…

 

 

 

3 – Avec quel public ?

Vous pouvez être face à plusieurs types de situations, en voici quelques unes :
– Jeune(s) porteur(s) d’une idée, d’un projet, relativement autonome(s) dans la démarche. Le jeune s’adresse à vous en tant que personne ressource, il cherche des informations concernant le territoire, les acteurs, les partenaires, des conseils en méthodologie.
– Jeune(s) porteur(s) d’une idée non formalisée en projet, vous jouez un rôle déterminant pour faire évoluer cette envie vers un projet structuré, réalisable.
– Jeune(s) accueilli(s) au quotidien dans la structure d’accueil, ne formulant ni envie, ni projet. Ce sont souvent des jeunes pour lesquels la première étape à franchir est qu’ils ne croient pas en eux-mêmes : ils n’imaginent pas qu’ils peuvent mener leurs propres actions, et qu’ils obtiendront le soutien d’adultes, d’élus de la commune, de leurs parents, de professeurs,… Vous devez avoir réfléchi aux conditions qui favoriseront l’émergence de projet, en construisant une démarche sur le long terme, en organisant en conséquence des modes d’accueil (horaires, espace, disponibilité), et en informant les jeunes de cette démarche. Vous pourrez aussi utiliser des outils pédagogiques adaptés à votre public pour favoriser leur expression, dédramatiser la notion de projet, les mobiliser collectivement.

 

 

 

4 – Accompagnement: comment faire ?

  1. L’accompagnement de projet de jeunes nécessite de la part de l’accompagnateur de mobiliser des compétences professionnelles et relationnelles pour mettre en place des activités professionnelles.

    1 – Posez les bonnes conditions au départ

Préparez et positionnez la fonction d’accompagnement avant d’aller rencontrer les jeunes

– Recensez les acteurs et les ressources du territoire en matière d’appui aux projets de jeunes,
– Identifiez les différents types d’initiatives déjà portées par des jeunes sur le territoire,
– Identifiez les lieux de vie des jeunes du territoire,
– Précisez votre rôle en matière d’accompagnement,
– Faites vous identifier dans ce rôle par les différents acteurs oeuvrant pour la jeunesse sur le territoire.

Organisez la fonction d’accompagnement

– Choisissez un lieu d’accueil facile d’accès et repérable,
– Aménagez un espace favorisant la qualité des échanges,
– Choisir des horaires adaptées à l’accueil des jeunes,
– Organisez la possibilité de RDV dans ce lieu ou en extérieur,
– Organisez la possibilité d’échanges par mail, réseaux sociaux, …
– Constituez un fond documentaire actualisé relatif à l’initiative de jeunes (numérique ou support papier).

Faites émerger des envies

Allez à la rencontre des jeunes sur leurs lieux de vie en participant à des actions les regroupant (manifestations, festivités, actions citoyennes, rencontres, …).
Allez rencontrer ceux qui sont dans les établissements scolaires, diffusez des informations dans les collèges, lycées, associations, clubs sportifs accueillant des jeunes.
Fréquentez les, discutez avec eux, instaurez une relation de confiance, proposez votre appui et votre accompagnement.
Organisez des réunions ou ateliers valorisant des initiatives déjà réalisées par des jeunes, appuyez vous sur ces jeunes déjà repérés pour leur expérience, renouvelez ces initiatives,
suscitez l’expression des envies, détectez les porteurs d’intentions, aidez les à la clarifier.

Utilisez des techniques pédagogiques (photo langage …) favorisant l’émergence de projets, mobilisez des méthodes de créativité permettant l’expression d’envies.
Travaillez au long court en vous rendant disponible régulièrement pour discuter avec les jeunes, gardez des contacts réguliers.

2- Accompagner en 7 étapes

Accueillir des porteurs d’intentions, être à l’écoute active :

Organiser préparer de bonnes conditions d’accueil, d’écoute et d’échanges avec des porteurs d’intentions, aménager l’espace et penser à organiser votre temps, votre disponibilité.

Se rendre disponible, se mettre en position d’écoutant (et non d’écouté) sans s’imposer, avoir une oreille attentive pour comprendre le projet des jeunes, notamment à l’occasion de la réalisation d’un premier projet, tout particulièrement si les jeunes en donnent une présentation imprécise ou trop générale.

Savoir encourager et mettre en confiance

Avec ce travail d’écoute, d’accueil, de respect de leurs choix, … il s’agit de mettre en confiance et de signifier son intérêt et sa curiosité. Il s’agit aussi d’être attentif en parallèle à la construction du groupe et à la prise en compte de l’estime de soi pour chaque jeune. Les jeunes perçoivent que l’on s’intéresse à leur projet, qu’ils sont dignes de confiance, et comprennent que vous essayez de faciliter l’expression de leurs demandes, de leurs besoins.

Aider à passer de l’envie à l’action

Questionner pour les aider à clarifier leur projet, laisser le temps de la réponse, ne pas hésiter à reformuler pour vérifier la bonne compréhension par tous.
Synthétiser et identifier avec les jeunes les différentes étapes de réalisation, les besoins prioritaires, …
Au fur et à mesure de l’échange, analyser les besoins d’accompagnement des jeunes, le comportement le mieux adapté à la situation : ne pas aller plus vite que les jeunes, répondre à leurs demandes, savoir dire non quand cela n’est pas possible et expliquer pourquoi.
Proposer éventuellement la consultation de documents, vérifier la pertinence des informations diffusées, (consultez la liste des Points Information Jeunesse -PIJ- de votre département).
Ne pas oublier de solliciter l’accord des parents pour les mineurs et d’informer des réglementations à respecter, anticiper les informations utiles à leur projet (déclaration de séjour, demande pour un vide grenier, organisation d’un loto, autorisation d’ouverture d’un débit temporaire de boissons : buvette sans alcool, droit SACEM pour manifestation musicale…).
Noter avec les jeunes sur un document des informations concernant le projet (coordonnées des jeunes concernés, objectifs, démarches à mettre en place, contacts à prendre, prochaine rencontre,…).
Mettre en relation les jeunes avec des ressources, des acteurs locaux et s’assurer du bon accueil des jeunes par ces acteurs.
Faire part de sa disponibilité pour une rencontre ultérieure.

Passer un « contrat mutuel » avec les porteurs de projets

Expliquer aux jeunes les objectifs, modalités et limites de son intervention en tant qu’accompagnateur et s’assurer que les jeunes ont compris et accepté votre rôle.
Contribuer à ce que les jeunes définissent leurs engagements (ponctualité aux RV, démarche active, échanges d’informations réguliers concernant l’avancée du projet,…).
Planifier avec les jeunes les étapes nécessaires à la réalisation du projet.

Former les jeunes à la démarche de projet

S’assurer que les jeunes ont bien identifié les étapes clés de la réalisation de leur projet.
Repérer avec les jeunes les points critiques du projet.
S’assurer que les jeunes sont partie-prenante des actions à conduire.
Aider au passage à l’écrit.
Faire apparaître tout au long du projet les progrès et les difficultés.
Leur transmettre les informations, connaissances liées à la méthodologie de projet (construire un échéancier, réaliser un budget prévisionnel, rechercher des partenaires, présenter oralement son projet…).

Développer un suivi et une valorisation des porteurs de projets

Mettre en place une stratégie de valorisation des actions développées par les jeunes.
Inviter les jeunes à faire connaître et partager leur initiative.
Mettre en contact les jeunes avec les opportunités locales de valorisation:
– Médias : internet, journaux, radios,…
– Elus,
– Evénements,
– Acteurs du territoire en lien avec le projet.

Proposer aux jeunes d’évaluer leur parcours et les compétences développées, éventuellement en utilisant des outils individuels ou collectifs d’évaluation et en les expliquant aux jeunes.

Auto-évaluer son rôle d’accompagnement

Savoir prendre du recul, analyser, se remettre en question sur sa pratique, échanger avec d’autres accompagnateurs, se former…
Tout au long du projet, élaborer une fiche de suivi pour favoriser le relais par un collègue en cas d’absence non prévue de votre part.

Rendre compte de son action auprès de ses collègues et de sa structure, des élus et ainsi permettre de valider cette mission.
Sources utilisées pour réaliser ce document :

« L’accompagnement de projets à l’initiative de jeunes mineurs » Réseau National des Juniors Associations.

« Référentiel métier de l’accompagnateur de projets de jeunes » Ministère Education Nationale Jeunesse et Vie associative. Direction Jeunesse, Education Populaire et Vie Associative.